Archives de l’auteur

Nouvelle série : Île de Jura – Sur les traces de George Orwell

C’est sur l’île écossaise de Jura, dans l’archipel des Hébrides, sur la côte ouest de l’Écosse, que George Orwell a écrit son roman 1984.

1946, George Orwell revient d’Espagne, il cherche un endroit sauvage et tranquille pour écrire son roman. Barnhill, cette ferme blanche balayée par les vents et par l’océan, est le lieu propice. 

J’imagine George Orwell, entre écriture et jardinage/élevage (il faisait son jardin et élevait une vache et des oies) partir à pied sur Jura, à la découverte des « Paps », ces trois montagnes arrondies caractéristiques de l’île.

Jura se découvre lentement, ses paysages laissent des traces indélébiles dans les yeux et dans le coeur aussi indélébiles que son whisky…

C’est la lecture du roman d’Isabelle Autissier « Soudain seuls », qui m’a fait découvrir le lien de George Orwell et de Jura. Merci.

Voir la série


Comme si le souffle et le regard du photographe étaient ceux du photographié

Aimer. Quel est ce mot?

Comme tous les mots, il me renvoie à quelque chose de connu, de déjà vu, déjà vécu.
Regarder. Quel est ce mot?
Regarder, voir avec mes yeux c’est déjà passer par le filtre de mes pensées: bien/mal, chaud/froid, beau/pas beau…

Et si pour aimer il fallait que je regarde avec autre chose que mes yeux. En d’autres termes, et si mes yeux me racontaient des histoires, et si mes yeux me « mentaient ».
Comment faire pour ne plus regarder avec mes yeux?
Suivre la voix de l’aveugle, qui voit avec ses autres sens?
Mais mes autres sens sont aussi reliés à quelque chose de connu.
Telle odeur me rappelle, tel goût me transporte, tel toucher me propulse, tel son me renvoie…vers le passé.
Et le passé me fabrique mes croyances. Et mes croyances me renvoient vers le futur, qui n’existe pas mais que je vais aller fabriquer. Invariablement, dans ce cercle, la souffrance va arriver.

Qu’est-ce que ça a à voir avec l’amour?
Et bien pour aimer le mécanisme est le même. Que ce soit pour aimer un autre être humain ou tout autre chose. Mes mémoires vont refaire surface par les cinq sens et enclencher mes désirs. Pas ce que désir l’arbre, l’eau, le chat, le caillou, l’être compagnon, les enfants, les parents…l’autre. Non, ce que je désire, moi. Là aussi, le passé va fabriquer mes croyances et donc mon avenir.

Et alors?
Comme le dit, avec d’autres mots, Krishnamurti, oublie le connu.
Pour oublier le connu, il y aurait une piste, une voie, un passage – ça pourrait être de ne plus ressentir par mes propres sens mais passer par les sens de l’autre.
Non, pas me mettre à la place de l’autre, mais devenir l’autre, être l’autre.
Être l’arbre, l’eau, le chat, le caillou, l’être compagnon, les enfants, les parents…l’autre.
Comme si mon existence dépendait du regard de l’autre, qui est le mien!!!

Pas facile.
Non pas facile, mais la facilité de rester ce que je suis peut me faire souffrir, alors…
Essayer, pratiquer, sentir,
Essayer, pratiquer,
Essayer…